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Participation au Projet Bab Al Amal (Tchad), Salomène témoigne.

A l’occasion de la journée internationale de la femme africaine, nous vous livrons le témoignage de Salomène, qui a participé au projet de Formation et Insertion Professionnelle « Bab Al Amal », à Moundou, au Tchad.

Je suis Salomène, mariée et mère de deux enfants. Avant de connaitre les ONG ESSOR et IHDL, j’étais une femme de la maison. J’étais trop timide, une femme soumise et qui subissait passivement toutes les marginalisations de mon mari. J’acceptais cette condition et je la trouvais de surcroît normale. Je ressemblais à quelqu’un de dépaysé et déboussolé. Je pensais que tout cela était une fatalité pour moi. Je n’acceptais presque pas ma condition féminine.

J’étais vraiment violente envers mon époux car j’endurais seule mes souffrances, et je n’avais personne avec qui partager ma douleur. Mon mari m’empêchait tout rapprochement à autrui et m’interdisais de dialoguer avec lui ; il m’écartait de la gestion du foyer. Cette situation me révoltait et je ne trouvais la consolation que dans la violence. A vrai dire, il n’y avait pas de paix en moi et dans ma maison Nous étions tous le temps en conflit. J’étais passive et pensais que c’était l’homme qui devait tout accomplir et tout décider en ce qui concerne la vie du foyer.

Cependant, j’ai pu trouver le chemin avec l’arrivée du projet Bab Al Amal à Moundou. J’ai participé à la Formation Humaine (FH) qui a posé les bases de mon changement de comportement. En effet, les ateliers sur le genre, le pouvoir et la violence m’ont donné une autre clef de lecture des choses et de ma propre vie. J’ai particulièrement été marquée par les sessions sur «la violence», «comment communiquer de manière efficace ?», «quelle image je transmets aux autres», «l’éthique au quotidien» pour ne citer que ceux-là.

La Formation Humaine/MUVA m’a redonnée la confiance et m’a rendue utile pour ma famille et la société. Cette formation est une chance pour la jeunesse tchadienne. Grâce à elle, je suis capable de donner direction à mon avenir. Cela m’a profondément impacté de manière positive ma famille. Cela m’a fait sortir de ma coquille et me conduit vers un monde d’ouverture d’esprit. Je suis devenue moi-même grâce à la formation humaine. J’ai appris à me connaitre, à connaitre mon mari, à parler en public et à concevoir mon projet professionnel. Avec mon mari, nous avons appris à dialoguer. Il a constaté mon changement de comportement. Je ne revendique plus mes droits avec violence mais par le dialogue. Notre vie de de couple a changé, et l’entourage se questionne sur le secret de ce coup de théâtre. Je dis merci à ESSOR, à IHDL, et souhaite longue vie au projet Bab Al Amal pour aider les femmes comme moi à la prise de conscience critique.

Particip’action, nouveau programme Multipays d’information et orientation sociale !

Les Bureaux d’Information et d’Orientation Sociale et Professionnelle (BIOSP) ont vu le jour au Mozambique suite à un service de « Permanence Sociale » expérimenté au Brésil pendant plusieurs années.

Depuis, les BIOSP sont également implantés en Guinée-Bissau et au Tchad. Ils visent à apporter les services sociaux au plus proche des familles les plus vulnérables, et sont très appréciés des habitants, souvent éloignés des centres administratifs urbains.

Mis en place depuis avril, ce programme Multipays a été proposé afin d’harmoniser les pratiques des BIOSP, tout en adaptant les activités au contexte local d’implantation. L’objectif est de contribuer à améliorer la qualité et l’accessibilité aux services sociaux de base, et à renforcer la participation citoyenne.

Les habitants sont accueillis dans les BIOSP implantés dans les quartiers vulnérables, écoutés, accompagnés et orientés vers les services sociaux répondant à leurs besoins : services administratifs (actes de naissance, documents d’identité, …), juridiques, de santé, d’éducation (inscription scolaire, …), d’insertion professionnelle, … Des permanences des services publics sont également proposées au sein du BIOSP.

Les Agents d’Orientation Sociale et Professionnelle (AOSP) animent aussi des sessions de sensibilisation auprès des communautés. Le genre, les violences faites aux femmes ou encore la nutrition sont des thèmes régulièrement abordés.

Les chiffres clés :

  • 3 pays
  • 6 villes
  • 12 BIOSP et 1 BIOSP mobile
  • près de 80 000 personnes accueillies jusque septembre 2021
  • 32 AOSP
  • 9 ONG partenaires accompagnées dans la mise en oeuvre du projet, et leur renforcement institutionnel.